05-09-09

Le Journal du Pays Basque

 

L'opinion - Tribune Libre

Les terroristes Basques

Xipri ARBELBIDE / Prêtre

Avec l’ETA toujours en activité, on ne peut dire que le Pays Basque soit un havre de paix. De là à dire que tous les Basques sont des terroristes, il y a un pas que certains journalistes franchissent allégrement.
Ces temps-ci, c’est pratiquement tous les jours que nous entendons que des terroristes Basques de l’ETA ont été arrêtés, que de nouvelles caches ont été découvertes. On ne peut nier que cela soit vrai. Mais dans les mêmes bulletins d’information, on nous a dit que Bayonne jouait au rugby contre Paris au stade d’Anoeta à St Sébastien en Espagne. Pourquoi “Basques” dans un cas et “Espagne” dans l’autre ?

Il y a quelques semaines, lors de l’attentat des Baléares, nous avons entendu toutes les radios nationales, (France Inter, France Info, Luxembourg et Europe) proclamer d’une seule voix que c’était un attentat des séparatistes ou des terroristes basques de l’ETA. Mais quelques jours auparavant, lorsque Egoi Martinez portait le maillot à poix du Tour de France, qu’Astarlosa et Garate gagnaient une étape, ces mêmes radios ne parlaient plus de Basques, mais d’Espagnols. Les seuls Basques que connaissent ces grands journalistes parisiens sont les terroristes : si Garate gagne c’est un Espagnol. Si Garate se fait arrêter c’est un Basque.

Et nous sommes systématiquement traités ainsi. Le problème, c’est qu’à force de matraquer leurs auditeurs avec ce message, les auteurs identifient Basques et terroristes.

Il y a 10 ans j’étais à Niamey pour l’ordination de Mgr Cartateguy. Etant le trois ou quatrième au nom bizarre, la fonctionnaire qui vérifiait nos papiers à l’aéroport me demanda : “Qu’est ce que ces noms ? - Des noms Basques, lui répondis-je. - Ah ! l’ETA ! - Vous connaissez l’ETA ? - Mais nous écoutons les informations !”

C’est le cardinal Nigérian Arinzé qui était le consécrateur. Voyant un petit ikurrina sur un chapeau, il demanda. “C’est le drapeau de quel pays ? - Celui du Pays Basque. - Ah ! Celui de l’ETA !”

Nos grands journalistes parisiens ne parlent ni de notre culture, ni de notre langue appelée de toute façon à disparaître devant le français. Ni de notre histoire : El Cano, François Xavier, Francisco de Vitoria sont pour eux des Espagnols, Lavigerie et Cassin, des Français. Les seuls Basques dont ils parlent comme tels, ce sont les terroristes. Les seuls qu’ils connaissent comme Basques.

11:41 Gepost door F. in Actualiteit | Permalink | Commentaren (0) |  Facebook |

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