28-08-09

Roger Idiart

Roger Idiart a laissé aux Basques un océan de chants, de textes et de force

28/08/2009 Journal du Pays Basque

Goizeder TABERNA

Ses proches assurent qu'il était une source intarissable, mais elle a fini par s'assécher. Roger Idiart, prêtre, compositeur et bertsulari, a succombé à une longue maladie, dans la nuit de mercredi à jeudi, à l'âge de 78 ans. Ses obsèques seront célébrées demain, samedi, à 10 heures, dans son village natal, Ascain.

Ordonné prêtre en 1955, Roger Idiart a exercé le métier de professeur à Oloron, Hasparren et au petit séminaire d'Ustaritz. L'abbé Ttotte Saldubehere officiant actuellement à Tardets, l'a connu alors qu'il était élève : «c'est avec lui que nous avons appris que le Pays Basque existait».

Certains l'ont connu dans le mouvement abertzale Enbata, d'autres plus tard à Herriarekin, un groupe de prêtres basques soucieux de l'avenir du Pays Basque, de sa langue et du conflit politique. Les militants de la cause des prisonniers politiques se souviendront de la ferveur avec laquelle il participait à leurs dynamiques. Dans les années 90, il avait fait partie de la délégation basque au Vatican qui demanda la création d'une Eglise basque regroupant les sept provinces.

A chacun sa voie

Cet homme d'Eglise était aussi un homme du peuple. L'historien Jean-Louis Davant garde en mémoire le dynamisme et la gaieté de cet Azkaindar. Apprécié des jeunes qu'il amusait par son humour, «il les aidait pour que chacun prenne sa propre voie», raconte l'abbé Mikel Epalza.

Lui, il avait trouvé la sienne au service de son pays. Pêche, agriculture, les affaires de l'Eglise, autant de sujets dans lesquels il s'est impliqué, «appliquant de près l'évangile, en étant proche des gens», précise Mikel Epalza. Il rappelle également la force de proposition qu'était R. Idiart : «dans les réunions il était tout le temps en train d'écrire».

Certainement des propositions, ou même des vers, car l'Azkaindar a laissé derrière lui de nombreux chants et bertsu. Il avait aussi écrit deux pastorales. La première, sur Xalbador, avait été jouée à Larrau en 1991, et la seconde avait été représentée par les habitants de Trois-Villes, en 2001, sur le poète Etxahun Iruri. Il a également rédigé le résumé de l'Evangile en vers, Berri ona kantuz, et avait l'habitude d'écrire dans l'hebdomadaire Enbata.

Souletin d'adoption

«Il avait un euskara labourdin magnifique, et un souletin parlé d'excellente qualité», raconte l'académicien souletin Jean-Louis Davant. Roger Idiart était souletin d'adoption, prêtre de Sauguis ; «c'était le traitement réservé aux prêtres qui n'étaient pas suffisamment formatés. Mais la Soule ce n'est pas la Sibérie ! Et il y a trouvé sa place».

 

11:30 Gepost door F. in Actualiteit | Permalink | Commentaren (0) |  Facebook |

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