17-04-09

Otages

 

 

Otages

 

 

Le week-end prochain, 18 et 19 avril, les 764 prisonniers politiques basques ne se rendront pas au parloir. Par cette grève de la communication, ils dénonceront la politique de dispersion initiée il y a tout juste 20 ans sous le régime de Felipe González, lorsque les prisonniers politiques basques, réunis jusqu’alors dans la prison de Herrera de la Mancha, furent éparpillés aux quatre coins du royaume d’Espagne. Cette nouvelle action montre également l’échec de la politique de dispersion (qui s’étend aujourd’hui à 89 prisons, de l’extrême sud de l’État espagnol au nord de la France) : malgré les distances et toutes les barrières dressées entre eux, la détermination et la capacité de lutte collective des militants basques emprisonnés n’a jamais faibli.

 

 

Pourquoi alors un tel acharnement ? Pour la même raison qu’il y a aujourd’hui un nombre quasi inégalé de prisonniers politiques basques en prison, que depuis un an 14 Basques parvenus au terme d’une longue peine ont vu celle-ci prolongée de 20 à 30 ans par simple décision du Tribunal Suprême espagnol, que le comité de soutien au prisonniers « Askatuna » a été interdit par ce même tribunal, ses dirigeants incarcérés et ses biens confisqués : il s’agit de faire plier le mouvement de libération nationale basque, d’épuiser matériellement et moralement les familles, les proches et l’ensemble des militants, de rendre la solidarité toujours plus coûteuse et difficile. Ce que la terreur franquiste en son temps, les assassinats des G.A.L. quelques années plus tard ou la torture aujourd’hui comme hier (62 cas recensées l’année dernière) n’ont pas réussi à atteindre, les dirigeants espagnols et français espèrent encore – sans doute sans trop y croire – l’obtenir par cette prise d’otages d’une partie croissante des forces vives du Peuple Basque.

 

 

Car – est-ce la peine de le rappeler ? – l’État français est aujourd’hui un acteur essentiel de cette politique : plus d’un militant basque incarcéré sur cinq l’est dans une prison française, dans une situation d’éloignement et de déracinement qui s’ajoute aux conditions de détention dégradantes et déshumanisantes propres au système pénitentiaire français ; la Justice française, qui refuse de reconnaître le caractère politique de leur lutte, agit à l’encontre de ces militants comme courroie de transmission des lois antidémocratiques espagnoles ; la police française n’hésite pas à les livrer à la torture en les remettant aux autorités de Madrid.

 

 

Par cette politique, ces États montrent qu’ils ne se placent nullement dans une perspective de paix pour le pays basque, mais au contraire dans l’optique d’une guerre indéfinie, pour laquelle ils devront constamment fournir de nouvelles armes, de nouvelles lois liberticides, de nouvelles mesures répressives. Cette option, lourde de conséquences pour les sociétés espagnole et française autant que pour le Peuple Basque, résulte d’un refus initial, celui de reconnaître l’existence de ce peuple et son droit à l’autodétermination. À l’opposé, le mouvement indépendantiste, dans ses multiples composantes, fait chaque jour la preuve de sa volonté de préserver et construire l’avenir, de proposer des solutions politiques acceptables par l’ensemble des forces en présence et susceptibles d’apporter une réelle solution à ce conflit.

 

 

Cette voie de la paix, notre comité s’attache à la relayer auprès de la société française. Avec la certitude que, malgré la désinformation et l’aveuglement actuels, elle finira nécessairement par s’imposer à tous.

 

 

C.S.P.B.

 

 

CSPB

Comité de Solidarité avec le Peuple Basque

21 ter, rue Voltaire

75011 Paris

http://cspb.unblog.fr/

 

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