15-11-08

Le parlement européen et le problème basque

 

 

Le JPB
Pays Basque

Le parlement européen se penche sur le conflit


15/11/2008

Goizeder Taberna

De Bruxelles les choses paraissent tellement plus claires... Mardi, une conférence a réuni les représentants de tous les groupes du parlement européen. Une conférence qui a permis de sillonner les principaux éléments d'une résolution démocratique pour le Pays Basque. Une résolution qui se doit politique, selon les intervenants.

Un échange guidé par les députés Bairbre de Brun (Sinn Féin) et Gérard Onesta (Les Verts), et surtout, par les conférenciers de renom suivants : Brian Currin, avocat sud-africain, et Raymond Kendall, ancien secrétaire général d'Interpol. Les deux font partie de l'Initiative internationale pour la paix et le dialogue au Pays Basque. Cependant, la conférence a été organisée par le Friendship, le groupe qui oeuvre depuis trois ans en faveur d'un processus de résolution démocratique au Pays Basque.

Points en commun

Grand connaisseur des conflits sud-africain et irlandais, Brian Currin a relevé, au-delà des différences, des points en commun entre ces conflits et celui que vit le Pays Basque. Il pense donc qu'il serait possible d'appliquer certains éléments et méthodologies dans le cas qui les occupe aujourd'hui.

Le magistrat sud-africain a insisté sur le fait que dans les deux processus de résolution qu'il connaît particulièrement, «tout le monde avait accepté le fait que toutes les parties devaient y participer de façon libre et à conditions égales».

L'ancien secrétaire général d'Interpol, Raymond Kendall, a ensuite pris la parole et s'est attardé sur la pratique de la torture dans le territoire espagnol. «S'ils savaient qu'un avocat serait présent dès l'arrestation, il n'y aurait certainement pas autant d'interpellation» a souligné M. Kendall.

Abasourdi par l'indifférence du Gouvernement quant aux rapports faisant état de mauvais traitements pratiqués dans le territoire espagnol, M. Kendall se demande si les autorités espagnoles ont une culture judiciaire différente. «L'Espagne est une démocratie relativement jeune et on remarque des attitudes anciennes, franquistes, dans le cas de certains juges».

Un mauvais élève persistant


Amnesty International et l'observatoire des droits de l'Homme Behatokia ont rappelé à l'ordre l'Etat espagnol, pour la énième fois, concernant l'application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). En début de mois, AI lui a demandé de prendre des mesures en vue de mettre en oeuvre les recommandations du Comité des droits de l'homme. Des mesures dans le domaine de la torture, le régime de la détention au secret et la définition des infractions liées au terrorisme. Tous des domaines qui ne sont pas inconnus aux Basques.

La torture constitue une préoccupation «persistante», selon AI. Le Comité a critiqué «l'absence de mesures suffisantes à même de prévenir de tels actes». Et il a regretté l'absence de mécanisme de prévention.

Le Comité a aussi été frappé par le régime de détention qui peut être secret pendant 13 jours maximum. Ce cas de figure concerne les détenus mis en relation avec le grand banditisme et le terrorisme.

Enfin, le Comité des droits de l'Homme est revenu sur les définitions des infractions liées au terrorisme «figurant dans les articles 572 à 580 du Code pénal». Behatokia a dénoncé le nouveau concept de «terrorisme désarmé». Ainsi, AI reprend la recommandation du Comité et demande une réforme de la loi afin que la lutte contre le terrorisme soit conforme au PIDCP.

Par ailleurs, l'Observatoire des droits de l'Homme basque a mis en avant l'illégalisation de partis qui «se démarquent de la Constitution espagnole de façon pacifique et démocratique».

17:30 Gepost door F. in Actualiteit | Permalink | Commentaren (0) |  Facebook |

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