10-10-08

Democratie in Baskenland

 

Démocratie, Etats de droit et Droits de l'Homme au Pays Basque 

Winston Churchill a dit un jour « La démocratie, c'est quand on frappe à notre porte à 6 heures du matin et qu'on est sûr que c'est le laitier »...

Au Pays basque, tant au sein de la République française que dans la royaume de Juan Carlos, on sait bien qu'à cette heure matinale, il s'agit plus souvent de la police que du laitier.

Alors, quid de la démocratie ?

Si on ajoute à cet état de choses que les deux Etats disposent de juridictions spéciales -dont deux tribunaux d'exception- pour juger une certaine catégorie de citoyens fichés et étiquetés en fonction de leur niveau de contestation du système établi. Juridictions et juges qui, en toute indépendance-sic mais obéissant servilement aux ordres du pouvoir en place, arrêtent des militants à tours de bras, couvrent les tortures, emprisonnent des personnes par centaines, sans preuve et souvent sans délit, interdisent journaux, radios et partis politiques politiquement « non-alignés »...

Ils n'ont que le mot démocratie dans la bouche. Mais qu'en est-il donc de la démocratie ?

Une démocratie est-elle véritable quand une forte proportion de ses dirigeants politiques a été condamnée pour abus de biens sociaux, détournement de fonds et autres broutilles ?

Qu'en est-il de la démocratie quand le reste de ses dirigeants politiques se dit « responsable mais pas coupable » des homicides qu'ils ont commis « à l'insu de leur plein gré » ?

Quid de la démocratie quand une minorité de financiers avides de profits achète -au sens propre et figuré- les différents medias et la Justice avec la collaboration active d'une caste politique formatée pour agir au mieux de leurs intérêts ?

Quid de la démocratie malgré la mascarade d'élections à répétition dans lesquelles le citoyen-cochon de payant a le droit de choisir entre des candidats « politiquement corrects » soigneusement choisis par cette mafia economico/mediatico/politique ? Ou carrément achetés grâce à des millions d'euros destinés à « fluidifier les relations sociales », comme l'a dit sans sourciller un certain Didier Gautier-Sauvagnac !

Qu'en est-il de la démocratie quand les « représentants du peuple » annulent par leur vote le résultat d'un referendum populaire ? Ceci étant précisément un coup d'Etat contre la démocratie, au sens strict du terme ! 

C'est en partant de ce constat que trois militants ont décidé de ne plus répondre aux convocations des juges espagnols ou français. La Justice n'existe pas, comme l'a constaté un avocat-observateur allemand lors d'un procès à Madrid : « J'avais déjà vu des condamnations sans preuve mais, pour la première fois, j'ai vu des condamnations sans délit ».

Nous avons décidé, Jon Goio, Zigor Goieaskoetxea et votre serviteur, que nous ne serions pas acteurs volontaires d'une mascarade politico-judiciaire contre nos activités strictement politiques, publiques et transparentes. Nous opposerons la force de la raison à la raison de la force.

Il serait peut-être temps qu'élus de tous bords et organisations locales ou non, qui disent en petit comité et avec des mots choisis qu'ils ne sont pas d'accord, le fassent savoir en haut-lieu d'une voix suffisamment forte et collective. Sinon, nous serons amenés à penser qu'ils nous emmèneront à l'abattoir avec leur complicité passive.

Espérons qu'une certaine histoire ne se répète pas et que le poème qu'on prête à Bertold Brecht s'avère obsolète... Souvenez-vous :

« Quand ils ont emmené les juifs, je n'ai pas bougé, je n'étais pas juif.

Quand ils ont emmené les communistes, je n'ai pas bougé, je n'étais pas communiste.

Quand...

Quand...

Quand ils m'ont emmené, personne n'a bougé, j'étais le dernier » 

Charles « Xarlo » Etchezaharreta

64240 Hasparren

 

 

 

LES FAITS 

L'affaire qui touche certains militants de la gauche abertzale remonte à avril dernier avec le blocage des comptes bancaires de 16 personnes et 3 associations suite à une commission rogatoire internationale du juge espagnol Garzon (d'après ce que disent la presse espagnole et le Sud-Ouest, et d'après la copie d'un fax reçue par une des banques) et menée ici par le juge Levert. 

Cette première agression trouve son origine dans la volonté du juge espagnol Baltasar Garzon d'illégaliser le parti politique EHAK (Parti Communiste des Terres Basques) qui a 9 députés élus au Parlement de Vitoria (Communauté Autonome Basque). EHAK, parti de la gauche abertzale, avait embauché 7 assistants parlementaires en début d'année en iparralde (pays basque nord) avec les subventions publiques qui correspondaient au groupe parlementaire.

A ce jour, bien que nous ayons dénoncé publiquement le blocage de nos comptes bancaires et que nous ayons fait appel de cette réquisition judiciaire, nos comptes personnels sont toujours gelés, et aucune autorité judiciaire ne nous a informés sur la raison ou les raisons de ces blocages des comptes. 

Officiellement nous ne savons toujours pas qui a mandaté le blocage des comptes! Nos avocats se sont évidemment tournés vers les "juges anti-terroristes" Baltasar Garzon à Madrid et Levert à Paris pour lever les blocages puisque les mouvements nos comptes sont clairs et irréprochables ; mais aucune réponse ne nous a été donnée à ce jour.

La situation est devenue d'autant plus grave que le juge Garzon a convoqué Gregorio Gimenez (Jon Goio) et moi-même (Zigor Goieaskoetxea) le lundi 8 Septembre à Madrid, dans le cadre de la démarche d'illégalisation du parti EHAK qui a, jele rappelle, 9 élus au Parlement de la Communauté Autonome Basque. Le risque que nous encourons est l'emprisonnement ferme qui peut aller jusqu'à 12 ou 15 ans pour appartenance à toute organisation indépendantiste que le juge Garzon assimile comme terroriste, alors que notre travail et notre militantisme sont politiques. Nous ne nous sommes pas présentés à cette convocation, compte tenu des risques d'emprisonnement...

Notre avocate, Jone Gorizelai,a qui était présente à Madrid à été informée par le juge Baltasar Garzon qu'il aviserait le procureur à Madrid sur notre décision de ne pas nous présenter et qu'il déposerait un Mandat d'Arrêt Européen contre nous. Normalement le procureur a été saisi par Garzon vendredi, procureur qui, à son tour pense t-on, présenterait le Mandat d'arrêt Européen au procureur de la république à Paris, dès cette semaine.

Il se peut donc que l'on soit touchés par un Mandat D'arrêt Européen à partir de cette semaine avec par conséquence un risque réel d'être remis aux mains du Juge Baltasar Garzon à Madrid.

Ce qui est en jeu c'est, d'une part la liberté d'expression et de réunion, car toutes les options politiques ont leur place dans le jeu démocratique..., avec cette dynamique répressive on met hors la loi toute une partie de la société basque comme cela s'est passé pendant la noire période de la dictature Franquiste et comme de nos jours on ne voit que dans des pays tels que la Turquie. D'autre part notre intégrité physique et morale, puisque l'on ne connait pas du tout les intentions de ce juge, bien que l'on peut s'attendre au pire.

Des tortures ont encore été infligées ces derniers jours suite à des arrestations contre plusieurs citoyens engagés politiquement en Navarre. Plus que jamais la torture et l'emprisonnement de personnes engagées politiquement est monnaie courante dans l'Etat espagnol (voir les rapports d'Askatasuna, d'Amnesty Internationale, ou des déclarations des commissions de l'ONU). En effet ce n'est pas la presse locale (S.O.) ou hexagonale qui nous informe de ce qui se passe au quotidien au sud.

Voici les démarches entreprises à ce jour afin de dénoncer notre situation et pour récolter un maximum de soutiens :

Rencontres et demandes de RdV avec les partis politiques, élus, syndicats, acteurs sociaux et culturels, et proposition de signature d'une pétition que l'on présentera publiquement, sûrement vendredi, avec le plus grand nombre de représentants soutenant la démarche.

Les organisations et personnes rencontrées, ou rencontres en cours : partis LCR, EA, AB, Les Verts, élus PSF, élus Modem, PCF, élus sans étiquette... syndicats CFDT, LAB, SUD-Solidaires, CGT, FSU, ELB, SAF (avocats), UJA (syndicat des jeunes avocats), organisations des droits de l'Homme Anai Artea, CDDHPB, LDH, CIMADE, Amnesty Internationale, Attac PB, Herriarekin...Associations culturelles, euskara, danse, où nous sommes impliqués...

 

Définition d'UDALBILTZA

UDALBILTZA, Assemblée de mairies et d'élus d'Euskal Herria, est une institution nationale intégrée par des mairies et des élus d'Euskal Herria. Elle a été fondée le 18 septembre 1999, au Palais Euskalduna de Bilbo, où plus de 2.000 élus des sept territoires d'Euskal Herria se sont réunis pour faire face au manque de configuration institutionnelle du à l'absence d'une institution de niveau national durant ces derniers siècles.

Principes et objectifs d'UDALBILTZA

1. La revendication d'Euskal Herria comme nation.

2. Basé sur la territorialité, la contribution à la construction de la structure politique d'Euskal Herria, face à l'union des représentants municipaux des six territoires dans un espace commun.

3. La promotion de la construction nationale d'Euskal Herria, comprise comme processus dynamique et démocratique basé sur la volonté et la participation libre de tous les citoyen(ne)s basques.

4. La contribution au renforcement des relations entre les mairies de l'ensemble des territoires par la centralisation de l'action conjointe des représentants municipaux dans le domaine de la langue, la culture, le sport, l'environnement, l'aménagement territorial, le développement économique et le bien-être.

5. La revendication d'Euskal Herria comme nation propre et différenciée au niveau international, ainsi que de sa volonté de prendre part comme nation à la structuration et aux institutions de la future Europe.

Fonctionnement d'UDALBILTZA

En étant une institution nationale intégrée par des communes et des élus municipaux, UDALBILTZA se base sur l'adhésion libre et démocratique de ceux-ci. Sans distinction de religion, sexe, idéologie ou tout autre, ont le droit de prendre part les élus choisis par la citoyenneté dans les 685 communes d'Euskal Herria, au-delà des limitations juridiques, politiques et administratives imposées. Bien que tout au long des dernières années elle a développé différentes dynamiques, UDALBILTZA constitue une institution unique.

L'organe de décision d'UDALBILTZA repose sur l'Assemblée Générale. Pour cette raison, tous les élus municipaux d'Euskal Herria ont le droit d'y prendre part. Et ceux qui y assistent décident du plan annuel, le bilan de l'année précédente, les principales initiatives et la composition du Comité Exécutif, qui coordonne le travail quotidien d'UDALBILTZA.

 

PETITION 
 

     La liberté d'expression et la liberté de défendre des opinions politiques constituent des piliers fondamentaux de la démocratie. 

     Or, aujourd'hui en Pays Basque, des dizaines et des dizaines de personnes sont incarcérées ou font l'objet de poursuites par la justice espagnole pour le seul motif de participer à des activités politiques, associatives, journalistiques. Après le macro-procès dit "18/98", celui des organisations de jeunes (Haika, Segi), et celui de l'organisme de soutien aux prisonniers politiques basques Askatasuna, vont débuter dans les jours et les semaines qui viennent les procès d'Udalbiltza (association des élus d'Euskal Herria), d'Egunkaria (quotidien en langue basque), de Batasuna. Dans le même temps, des procédures ouvertes ces derniers mois suivent leur cours, en particulier celles engagées contre les formations politiques ANV et EHAK. Dans ce contexte, l'attitude des autorités judiciaires françaises elle-même est préoccupante puisqu'elles semblent vouloir emboîter le pas de leurs homologues espagnoles (affaires Kalaka, Askatasuna, comptes bloqués de militants de Batasuna...) 

      Parmi les dizaines et dizaines de personnes inculpées dans l'ensemble de ces dossiers figurent plusieurs militants d'Iparralde. Trois d'entre eux sont aujourd'hui convoqués à Madrid par la justice espagnole. Il s'agit de Zigor Goieskoetxea de Biarritz, de Jon Goio de Bayonne dans le cadre du dossier EHAK et de Xarlo Etxezaharreta (ancien conseiller municipal d'Hasparren) inculpé dans le procès d'Udalbiltza.  

     Cela étant :  

      1. Nous considérons que les poursuites judiciaires dont font l'objet ces personnes sont inacceptables car tous les mouvements politiques, associatifs, culturels doivent pouvoir trouver leur place dans le jeu démocratique. Elles foulent au pied des droits civils et politiques élémentaires. Nous demandons en conséquence que ces poursuites cessent. 

      2. Nous nous adressons plus particulièrement aux autorités françaises qui ont, ces dernières années, remis à la justice espagnole des dizaines de personnes poursuivies pour leur seule activité politique. Nous leur demandons de ne pas s'inscrire dans la dynamique de ces procédures en mettant en particulier un terme à l'application des mandats d'arrêts européens contre les militants politiques. 

      3. Nous appelons enfin les acteurs de la société civile (notamment les élus) à prendre position contre ces mesures et à se mobiliser afin qu'elles cessent. 
 
 
 
 

12:01 Gepost door F. in Actualiteit | Permalink | Commentaren (0) |  Facebook |

De commentaren zijn gesloten.