25-07-08

O ma liberté

Un poème de Patrick Bulle (que je vous présenterai plus tard !)

 

 

O ma liberté

 

Sur les sentiers âpres de l’Artzamendi,

Bâton de marche en main, j’use ma cinquantaine,

Et si l’effort épuise le corps vieillissant

Il m’est plus doux que les remous de cette peine,

Car l’amour qui magnifie aussi avilie.

 

Sous le ciel bleu d’octobre,-où dansent des vautours-,

Qui dore et irise l’écume de la Nive

Qui déroule ses méandres vers l’océan,

Je suis venu dire au torrent ce qui m’arrive,

Que ce mal que j’ai est le mal d’amour

 

Et me voici là, à soupirer ma douleur,

En cette forêt d’Iraty qu’octobre dore,

Dressant ses long fûts en l’espace flamboyant ;

Me voici éructant ce mal qui me dévore,

Asséchant de mon âme la vive liqueur.

 

J’ai porté mes pas et ma peine sur la grève,

Eclaboussée par le crépuscule basque ;

Mais là encore les lanières du temps

Fouettent, autant que l’atlantique bourrasque,

L âme où l’amour demeure larvaire sans sève.

 

Ce mal, tapi au fond de moi, bête recluse,

Las, fait fi de mes sens que cet asile exalte ;

Mon corps est sa niche et mes larmes son sang.

Ses assauts, ses tourments n’ont ni cesse ni halte,

Comme la houle au large de Saint-Jean-de-Luz.

 

Je porte aussi, de cet amour, l’amère écume

Sur les contreforts si mordorés de la Rhune,

Aux fougères rousses et genêts jaunissants ;

Du lever du soleil au coucher de la lune

Mon âme langoureuse s’emplit de sa brume.

 

Aussi je vais parmi des voies d’asphodèles

Qui offrent aux cieux cléments leurs blanches hampes ;

Leurs suave, doux parfum, des plus envoûtants,

N’anesthésie pas ce mal qui, en moi, rampe :

Je demeure, ô ma liberté, sa citadelle.

 

Ecrit en Octobre 2005, au Pays-Basque ,sur les flancs de L’ARTZAMENDI, en pensant à vous, cher Péio Serbielle, et en écoutant vos chansons (lecteur Mp3), et y « aérant » ma solitude

 

 

23:04 Gepost door F. in Algemeen | Permalink | Commentaren (0) |  Facebook |

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