23-08-07

Maurice RAVEL

 

Le festival Musique en Côte basque rassemble "les musiciens qui peuvent le mieux représenter Ravel"
·Point d’orgue de cette année Ravel, la 48e édition du festival entend montrer le caractère et la personnalité du compositeur

C’est en quelque sorte le point d’orgue musical de cette année Ravel qui, en Pays Basque, célèbre les 70 ans de la disparition de son prestigieux compositeur.Le festival Musique en Côte basque, qui se tiendra du 26 août au 13 septembre entre Anglet, Bayonne, Biarritz, Ciboure, Saint-Jean-de-Luz et Urrugne entend "montrer le caractère et la personnalité de Maurice Ravel" à travers "un programme très cohérent".C’est en tout cas le souhait de Jean-Michel Barate, le président du comité d’organisation de cette 48e édition du festival, qui compte tout de même sur une affiche prometteuse et la participation "des musiciens qui peuvent le mieux illustrer Ravel".Alexandre Tharaud, Philippe Entremont, Barbara Hendricks, David Grimal, Georges Pludermacher, l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, sont, entre autres, au menu des réjouissances, ainsi qu’une coproduction de la fantaisie Lyrique L’Enfant et les sortilèges avec l’Académie Ravel.

Pour autant, s’il s’agit effectivement de cerner au plus juste la personnalité musicale de cet esprit libre, faite de renouveau et d’héritage classique, pas question non plus d’en avoir une approche exhaustive.Si Maurice Ravel a été peu prolifique et prenait le temps de la composition, il a tout de même légué quelque 111 ¦uvres achevées entre 1887 et 1933, dont 86 ¦uvres originales et 25 ¦uvres arrangées ou orchestrées.Le festival a donc pris le parti de présenter le plus illustre des Ziburutar sur le thème "Ravel, les années trente" et de privilégier le piano et la musique de chambre même si on pourra également compter sur "un peu d’orchestre symphonique" rappelle Jean-Michel Barate. Une belle occasion de revenir sur le bouillonnement artistique sans précédent qu’a connu le Pays Basque dans les années trente, avec notamment l’historien de l’art Jean-François Larralde, et de s’attacher à une période où Ravel, en pleine gloire, créa ses derniers chefs-d’¦uvre, avant de renoncer à l’écriture, rongé par la maladie.

1930 marque au Pays Basque l’inauguration du quai Ravel à Ciboure, en présence du compositeur, et quelques jours plus tard, un festival mémorable donné au nom du compositeur, à l’Hôtel du Palais de Biarritz. Entre 1929 et 1931, Ravel conçut ses deux derniers grands chefs-d’¦uvre. Composés simultanément et créés à quelques jours d’intervalle en janvier 1932, les deux concertos pour piano et orchestre apparaissent comme la synthèse de l’art ravélien, combinant forme classique et style moderne empruntant au jazz. Mais ces deux ¦uvres frappent par leur contraste. Au Concerto pour la main gauche, ¦uvre grandiose baignée d’une sombre lumière et empreinte de fatalisme qu’il dédia au pianiste manchot Paul Wittgenstein, répondit l’éclatant Concerto en sol dont le mouvement lent constitue l’une des plus intimes méditations musicales du compositeur. Avec les trois chansons de Don Quichotte à Dulcinée, composées en 1932 sur un poème de Paul Morand, les concertos mirent un point final à la production musicale de Maurice Ravel, incapable de retranscrire la musique qu’il créait, comme ce ballet-oratorio, Morgiane, inspiré des Mille et Une Nuits, et surtout ce grand opéra, Jeanne d’Arc, que Ravel disait "entendre dans sa tête" mais qu’il ne pouvait écrire.

Reste que si Ravel était peu prolifique, son ¦uvre se distingue en revanche par l’intensité de créations majeures.Le Boléro, les deux concertos pour piano et orchestre et l’orchestration des Tableaux d’une exposition de Moussorgski sont les quatre ¦uvres qui ont le plus largement contribué, depuis des décennies, à la renommée mondiale du musicien. Le Concerto pour la main gauche est aujourd’hui une des ¦uvres les plus jouées et les plus mondialement appréciées de Maurice Ravel, même si elle reste moins accessible que son faux jumeau, le Concerto en sol. Le festival promet de faire revivre ce Concerto pour manchot dans une interprétation du pianiste soliste de l’Orchestre National de Bordeaux, Nicholas Angelich, le 6 septembre.Un plaisir solitaire à une seule main, qui suivra la singularité d’un orchestre qui s’accorde dans Tunning up du compositeur franco-américain Edgar Varese que Ravel, naturellement, admirait pour sa nouveauté.A la baguette de Kwamé Ryan, l’orchestre de Bordeaux interprétera ensuite Le sacre du printemps, pour rappeler que Ravel soutint sans conditions son ami Stravinski lors de la création tumultueuse de cette ¦uvre majeure à Paris.

Piano et violon s’accorderont le 4 septembre avec le virtuose David Grimal et son stradivarius de 1710, et le pianiste Georges Pludermarcher auquel les spécialistes attribuent l’un des meilleurs enregistrements de l’intégral de la musique pour piano de Ravel.Un duo qui se lancera sur les traces de Gabriel Fauré, qui fut le professeur de Ravel, de César Franck ou de Debussy, l’éternel frère ennemi, avant d’attaquer la Sonate n°2 pour violon et piano du compositeur né à Ciboure en 1875.

Côté piano, on atteindra un sommet le 7 septembre avec le célèbre Alexandre Tharaud, qui produira l’¦uvre intégrale pour piano de Ravel dans l’église où il fut baptisé il y a plus d’un siècle.Enfin, la soprano Barbara Hendricks, habituée du festival Musique en Côte basque, viendra rappeler à Saint-Jean-de-Luz, le goût de Ravel pour le jazz, cette musique neuve qui influença largement son ¦uvre.Le festival s’ouvrira dimanche avec la traditionnelle Messe des Corsaires, chantée par les chorales de la Côte basque, en l’église de Saint-Jean-de-Luz.

PROGRAMME

jeudi 30 août

21h Biarritz Gare du Midi, Philippe Entremont, Mozart, Beethoven (Appassionnata), Debussy, Ravel (Pavane, Alborada). 37 à 27 euros

samedi 1er septembre

21h Bayonne Musée Bonnat, Siheng Song, lauréat du Concours International de Piano Long-Thibaud, Haydn, Liszt, Ravel, 37 à 31 euros

lundi 3 septembre

21h Bayonne Théâtre Renaud Capuçon, violon Henri Demarquette, violoncelle Frank Braley, piano Ravel Trio Saint Saëns Debussy, 37 à 27 euros

mardi 4 septembre

21h Anglet Église Saint Léon David Grimal, violon Georges Pludermarcher, piano Fauré, Franck, Debussy, Ravel 37 à 18 euros

mercredi 5 septembre

21h Ciboure Église Alexandre Tharaud, piano Ravel intégral de l'¦uvre pour piano, 37 à 18 euros

jeudi 6 septembre

21h Saint-Jean-de-Luz Église Orchestre National Bordeaux-Aquitaine Dir. : Kwamé Ryan Nicholas Angelich, piano Varèse Ravel Concerto pour la main gauche Stravinski le Sacre du Printemps, 37 à 18 euros

vendredi 7 septembre

21h Ciboure Église Alexandre Tharaud, piano Ravel intégral de l'¦uvre pour piano, 37 à 18 euros

samedi 8 septembre

21h Saint-Jean-de-Luz Jai Alai, Barbara Hendricks, soprano Barbara chante Gershwin, 50 à 18 euros

mardi 11 septembre

21h Urrugne Église Cédric Tiberghien, piano Quatuaor Psophos Ravel Quatuor Franck Quintet avec piano, 37 à 18 euros

jeudi 13 septembre

21h Saint-Jean-de-Luz Jai Alai, Ravel L'Enfant et les Sortilèges, mise en espace François Le Roux. Fantaisie lyrique version Didier Puntos pour voix, violoncelle, flûte et piano 4 mains, 32 à 18 euros

 


 

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