01-06-06

Zeg me, broeder

 

Mixel ETXEKOPAR

 

 

 

 

Pétri des traditions culturelles millénaires de ce bout du monde, Mixel Etxekopar s'est épris, tout jeune, des musiques ancestrales et des grands rites souletins que sont Pastorales et mascarades. Depuis, le " xistu ", flûte traditionnelle souletine, ne l'a jamais quitté, comme un organe supplémentaire. Il n'y a plus un festival ou une manifestation artistique basque, au nord comme au sud, et même au-delà, dont il n'est pas un acteur incontournable. C'est par son enseignement musical, dans son ikastola de Mauléon, qu'il transmet la mémoire et la passion de sa langue maternelle. Fervent défenseur de l'identité de son terroir, Mixel utilise ses origines comme une clef unique sur le monde et sur les autres cultures : " le local, c'est l'universel moins les murs "...

 

http://aquitaine.france3.fr/emissions/4958166-fr.php

 

 

« Toen ik klein was, wou ik een vogel zijn »

 

Mixel Etxekopar was zich al heel jong bewust van de rijkdom van zijn kultuur. Hij is te vinden op elk festival of culturele manifestatie, steeds in het gezelschap van zijn « xistu » (xirula), de traditionele fluit van Xiberoa.

In de « ikastola » van Mauléon geeft hij zijn kennis en passie voor zijn moedertaal door.

 

 

 

 

Erradak anaia

 

 

 

Erradak anaia zertara jin hizan hain goizik
Argia gaberik, makila ützirik.
Erradak anaia zerk ote ülüntzen begia
Ageri zauria üdüri etsia...

 

DIS-MOI, FRERE

Dis-moi berger, le pré du cayolar* est vide
j'ai vu des agneaux errants, des clochettes silencieuses,
dis-moi berger, sur le lit il n'y a plus personne,
Le feu est éteint depuis longtemps,
La maitresse de maison est partie,
les bergers ne se réunissent plus,
le sort a fait de moi le dernier
a prendre le chemin de la montagne.

 

Dis-moi frère, nous avons une dette envers la terre,
terre qui nous a portés à la lumière
Dis-moi frère, gardes avec moi cette lumière,
les crêtes sont claires,
désormais nous sommes deux a ouvrir des parcours imaginaires.
Allons, montons, notre avenir est là-haut, dans ces riches pâturages.

 

Dis-moi frère, j'ai entendu un rire d'enfant,
me voilà exalté, le brouillard s'est dissipé,
dis-moi frère, je perçois des sonnailles,
quelqu'un menant le troupeau arrive au cayolar.
Dis-lui qu'il me garde le premier fromage,
mon sang est fécondé comme pour une seconde naissance.

 

Texte de Mixel ETXEKOPAR
extrait de l'album "ARBAILLA"
(éditions Kultulan)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Le cayolar
Le cayolar correspond à un régime juridique ancestral spécifique à la Soule ; le droit de cayolar comprend la pleine propriété de la cabane et du terrain contigu pour le parc et le gîte du troupeau, un droit de pacage pour les ovins sur une grande étendue de terrains (parcours du cayolar) et un droit de prendre le bois nécessaire à la construction de la cabane et au chauffage.

 

 

 

 

Zeg me, broeder

 

 

Zeg me herder, de weide van de cayolar* is leeg

Ik zag dolende lammeren, belletjes die zwegen,

Zeg me herder, niemand gebruikt nog het bed,

Het vuur is sinds lang gedoofd,

De vrouw des huizes is weg,

De herders verenigen zich niet meer.

Het lot maakt van mij de laatste

Om de weg naar de bergen te nemen.

 

Zeg me broeder, wij hebben een schuld tegenover de aarde,

De aarde die ons het licht liet zien

Zeg me broeder, behoed met mij dit licht,

De bergtoppen zijn helder

En voortaan zijn we met zijn twee om

Denkbeeldige weiderechten te belopen

Kom! Naar boven! Onze toekomst ligt daar, hoog

In die rijke weiden.

 

Zeg me broeder, ik hoorde een kinderlach

Ik ben in vervoering, de mist trok op.

Zeg me broeder, ik hoor geklingel

Iemand leidt zijn kudde naar de cayolar

Zeg hem, mij zijn eerste kaas te reserveren.

Mijn bloed is als bevrucht voor een tweede geboorte

 

 

*De cayolar omvat de herdershut met de omringende weiden maar ook de weiden en wegen die ernaar leiden (parcours).

14:54 Gepost door F. | Permalink | Commentaren (0) |  Facebook |

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